Le Pulse Small et Mid Caps

le bureau de recherches d'Euroland Corporate
21 mars 2025

Le Pulse en un battement... 💢

📜 L'Édito de Marc Fiorentino - Stagflation, le mot du jour
Croissance US en berne, inflation persistante, et la FED refuse de baisser les taux. Trump fulmine, Powell résiste. Un scénario noir… mais on n’y croit pas !

⛽ Esso flambe avec un dividende record !
+50 € de dividende exceptionnel, 38 % de rendement : la bourse s’enflamme. Mais après ce feu d’artifice, quelle trajectoire pour Esso ?

💻 Les ESN, valeurs sûres du numérique
Aubay, Neurones, Sword, Infotel : croissance, marges solides, rentabilité optimisée. Dans un marché mature, les investisseurs restent séduits.

🦅 Bataille de l’IA : Stargate vs AIP
Trump pousse une IA centralisée à 500 Mds$, Microsoft et BlackRock misent sur une approche privée et décentralisée. Qui contrôlera l’IA mondiale ?

🇦🇷 Argentine : Milei décroche un accord historique avec le FMI
Plan d’austérité validé, inflation en chute libre. Un pari risqué, mais qui pourrait redessiner l’économie du pays.

L'édito de Marc Fiorentino 📜

Le mot du jour : Stagflation.

Vous connaissez la stagflation ? C'est la combinaison d'une croissance faible voire nulle, stagnation donc, et d'une inflation forte. C'est le nouveau mot à la mode sur les marchés pour les États-Unis. Et, mercredi soir, la Banque centrale américaine a agité cette menace. Explications.

Il y a deux ans, les économistes attendaient une récession aux États-Unis. Elle n'est jamais venue. Au contraire, la croissance US a flirté avec les 3%. Et maintenant, le mot à la mode est "Stagflation". Combinaison de la stagnation et de l'inflation.

La FED, la Banque centrale américaine, a renforcé cette thèse. Elle a des craintes sur la croissance US du fait de l'incertitude liée à la politique de Trump. Elle a des craintes sur l'inflation du fait, notamment, des droits de douane. Elle a revu sa prévision de croissance à la baisse : 1.7% cette année (contre 2.1%), et sa prévision d'inflation à la hausse : 2.7% (contre 2.5%). Ce qui explique en partie pourquoi elle a décidé de ne pas baisser ses taux.

Trump s’est énervé après la décision de son meilleur ennemi, Jay Powell, patron de la FED. Il a tweeté : "La FED ferait mieux de baisser les taux".

La stagflation, c'est un très mauvais scénario. L'économie ralentit mais on ne peut pas baisser les taux pour la stimuler car l'inflation est élevée. Mais nous ne croyons pas à ce scénario.

Notre scénario pour les États-Unis c'est le ralentissement économique ET la baisse de l'inflation. Ralentissement parce que nous sommes en fin de cycle historique de croissance ininterrompue et du fait des incertitudes liées aux décisions politiques. Baisse de l'inflation car nous ne croyons pas à une guerre commerciale durable et que nous pensons que les forces déflationnistes, de la démographie à l'IA, sont en action.

Les prévisionnistes se sont trompés il y a deux ans en prédisant une récession US, ils vont se tromper en prédisant la stagflation.

La valeur de la semaine - Esso carbure  !

Son nom ? Esso S.A.F. L’action a connu une envolée spectaculaire ces dernières semaines, passant d'environ 115 € fin février à un sommet de 168,6 € en mars, portée par une annonce fracassante : un dividende exceptionnel de 50 € par action !

Ce dividende atteint au total 53 € par action (3 € ordinaire + 50 € exceptionnel), représentant un rendement inédit de près de 38 % (!!!) au moment de l’annonce. Cette générosité est rendue possible grâce à une trésorerie abondante de 1,5 Md€, renforcée par la vente récente de la raffinerie de Fos-sur-Mer.

Malgré un bénéfice net en net recul à 107 M€ en 2024 (contre 677 M€ en 2023), dû à la normalisation des marges de raffinage, Esso maintient une solidité financière enviable et une gestion prudente appréciée des investisseurs.

Cette annonce a provoqué un véritable engouement boursier, mais la question reste ouverte : Esso conservera-t-elle cet élan après ce feu d'artifice financier ?

Le secteur sous les projecteurs - ESN

Les Entreprises de Services Numériques (ESN) profitent d’une dynamique porteuse, avec une croissance organique robuste et une rentabilité en hausse continue, malgré une croissance globale modérée de +0,7% du secteur en 2024.

Dans les faits :

Infotel, enfin, malgré un recul de son CA (-4,1% à 294,8 M€), améliore sa rentabilité opérationnelle à 8,4% grâce à un meilleur mix produit (activité Logiciels en hausse de +15,6%) et une maîtrise efficace des coûts opérationnels. Le résultat net progresse ainsi de +2,3%, atteignant 18,5 M€.

Aubay affiche un chiffre d’affaires annuel de 540,3 M€, en croissance organique de +1,2%, avec une marge opérationnelle solide de 9,2%. Une performance confirmant la solidité et la résilience de son modèle économique.

Neurones, de son côté, continue sur une belle lancée avec un CA de 810,4 M€ (+9,3%), dont +8,6% organique, et un résultat net en hausse de +7,8%.

Sword Group impressionne également, avec une croissance organique de +15,9% pour un CA annuel de 323,0 M€, et une marge EBITDA stable à 12,0%.

Ces résultats soulignent la capacité de ces entreprises à capter une demande croissante en services numériques à forte valeur ajoutée, tout en optimisant leur rentabilité malgré un contexte économique parfois incertain.


Ces ESN bénéficient aujourd’hui d’une valorisation attractive : Aubay (572,5 M€), Sword Group (316,2 M€), Infotel (273,1 M€). Malgré un marché mature, elles continuent d’attirer les investisseurs grâce à leurs performances solides et leur modèle économique éprouvé.

Du coté des USA - Bataille des titans 🦅

L’IA est en train de devenir le prochain champ de bataille stratégique.
D’un côté, Donald Trump pousse son projet Stargate, initiative à 500 milliards de dollars pour centraliser l’infrastructure IA sous supervision fédérale. De l’autre, Microsoft, BlackRock, NVIDIA et xAI répliquent avec l’AI Infrastructure Partnership (AIP), visant une approche décentralisée à hauteur de 100 milliards de dollars.

Pourquoi c’est marquant ?

1/ Stargate : l’option "big government"
Soutenu par SoftBank, OpenAI et Oracle, Stargate veut créer une infrastructure IA 100 % américaine pour garantir la suprématie technologique face à la Chine et l’Europe.

2/ AIP : la réponse du privé
Portée par BlackRock (via Global Infrastructure Partners) et Microsoft, l’AIP privilégie le marché avec des data centers privés et des infrastructures énergétiques indépendantes. NVIDIA et xAI (Musk) assurent l’accès aux puces avancées.

Une bataille financière à hauts risques

AIP veut lever 100 milliards $, Stargate vise 500 milliards $, dont déjà 100 milliards mobilisés.

Jensen Huang (CEO NVIDIA) : "Nous construisons l’épine dorsale de l’IA mondiale. Ce qui est en jeu, c’est l’avenir de l’économie."

Si AIP attire les investisseurs privés, Stargate pourrait bénéficier de subventions fédérales, opposant interventionnisme et dérégulation.

Et maintenant ?

  • Amazon et Google devront vite prendre position ou lancer leur propre contre-offensive.
  • Les investisseurs doivent choisir : IA centralisée soutenue par l’État ou décentralisée pilotée par le marché.
  • L’administration Trump pourrait favoriser Stargate via la régulation.

L'instant vidéo 🎥

🎥 Exail Technologies : un acteur clé de la souveraineté française ?

La souveraineté technologique n’est plus une option, c’est un impératif. Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient, maîtriser les technologies critiques devient stratégique.

Parmi les entreprises qui s’imposent dans ce domaine, Exail Technologies. Spécialiste des drones autonomes, de la navigation inertielle et des capteurs de précision, Exail équipe déjà les marines française, belge et néerlandaise. Avec un carnet de commandes de plus de 700 M€ et des contrats majeurs signés, la société change d’échelle.

Peut-elle s’imposer face aux géants de la défense ? Quels sont ses prochains défis ?

💬 Marc Fiorentino a interrogé Raphael Gorgé, PDG d’Exail Technologies, lors du Retail Day organisé en partenariat avec Bourse Direct. Une conversation essentielle sur l’avenir des technologies de défense et leur impact sur l’indépendance stratégique française et européenne.

⬇ À voir ici ⬇

A ne pas rater la semaine prochaine 📅

L'image de la semaine 📷

L’Argentine valide un nouvel accord historique avec le FMI

Pourquoi c’est marquant ?

Parce que Javier Milei obtient l’approbation du Congrès pour un nouvel accord avec le FMI, après des années de crise économique et d’inflation hors de contrôle. Avec 129 voix pour contre 108, le président libertarien peut désormais refinancer les 44 milliards $ de dette et tenter de stabiliser l’économie malgré l’opposition péroniste.

Un virage économique assumé

1/ Désendetter pour repartir
L’accord vise à éviter un défaut de paiement en sécurisant un financement stable et durable, ouvrant ainsi la voie à un retour des investisseurs internationaux.

2/ Cap sur l’austérité
Milei mise sur la rigueur budgétaire pour restaurer la discipline fiscale. Résultat : l’inflation est déjà passée de 211 % à 66 % depuis décembre, confirmant que la cure fonctionne, même si elle reste douloureuse.

Fin de l’interventionnisme
Contrairement aux gouvernements précédents, Milei veut assainir l’économie via une réforme monétaire ambitieuse et la levée des restrictions de change pour attirer le capital privé.

Milei défend son plan :
« Nous n’aurons pas de répit tant que l’inflation ne sera pas éradiquée et que les restrictions de change ne seront pas levées. »

Et maintenant ?

Si Milei réussit, il pourrait inspirer l’Amérique latine à sortir du populisme économique vers une politique libérale pragmatique.

Le succès dépendra de la rapidité des réformes et de la confiance retrouvée des marchés.

L’opposition pourrait contester juridiquement l’accord.

© LUIS ROBAYO | Crédits : AFP

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